Insha - danses indiennes

Les danses folkloriques

a frontière entre danses folkloriques et danses classiques est parfois difficile à établir, d'autant plus que le statut classique est recherché car il permet un patronage et une promotion toute particulière.

Les danses folkloriques, comme les autres, ont en très grande majorité pour thème des sujets religieux : danses dévotionnelles, de remerciement ou d'invocation des divinités. Elles peuvent (mais pas obligatoirement) se manifester lors d'occasions qui rythment la vie rurale : pour les moissons, la mousson, l'automne, la semaison.

De nombreuses danses se prêtent à des démonstrations d'adresse : jonglage, objets placés en équilibre sur la tête, contorsions, pirouettes, pyramides humaines, sauts... Chaque région a inventé ses propres variantes.

Alors que certaines danses sont pratiquées par toutes les personnes d'une communauté ou par certaines catégories (en fonction de l'âge ou du sexe), il existe encore maintenant une forte tradition de danseurs folkloriques professionnels.

En général, hommes et femmes ne dansent pas ensemble ou, du moins, conservent une certaine distance. C'est moins le cas dans les états du nord-est où les relations hommes-femmes sont bien différentes du reste du pays.

Voici un recensement (non exaustif et amené à être amélioré) des danses folkloriques avec, lorsque cela est possible, des illustrations. Les danses sont classées par grandes régions :

  • les montagnes du Nord : Jammu-et-Cachemire, Himachal Pradesh, Uttarakhand
  • les plaines du Nord-Ouest : Penjab, Haryana
  • le Rajasthan et le Gujrat
  • les plaines du Nord-Est : Uttar Pradesh et Bihar
  • forêts et montagnes du Nord-Est : Manipur, Mizoram, Tripura, Sikkim, Arunachal Pradesh
  • Bengale et Orissa
  • Maharashtra
  • le Sud dravidien : Tamil Nadu, Kerala, Andhra Pradesh, Karnataka

 

 

 

 

 

   
   
L’uttar Pradesh offre une grande variété de danses, des plus simples aux plus élaborées. On les appelle respectivement Dom et Bhotiyas. Parmi ces groupes de danse, Dhurang (ou dhuring) est une danse liée aux funérailles. Elle a pour but de libérer l’âme du défunt des esprit malfaisants. Les mouvements y sont robustes, rappelant des danses de chasse Naga (voir Nagaland).
 

Hurka Baul (Uttar Pradesh-Uttaranchal):

Jhumeila, Chaunfla du Garhwal et Hurka Baul de Kumaon sont des danses saisonnières. Hurka Baul est pratiqué pendant la culture du paddy et du maïs. A un jour déterminé, après des rituels préliminaires, on le danse tour à tour dans différents champs. Le nom de la danse vient de Hurka, l’instrument à percussion qui forme le seul accompagnement musical, et de Baul, la chanson. Le chanteur raconte les batailles et les épopées héroïques. Les musiciens entrent par les deux côtés et jouent les histoires avec des mouvements rapides. Les paysans forment deux rangées et reculent ensemble, au rythme des musiciens et des airs des chansons.

Chholia est une danse célèbre de la région de Kumaon pratiquée lors les mariages. Au moment où la procession avance vers la maison de la mariée, des danseurs, armés d’épées et de boucliers, dansent comme possédés.

Parmis les professions, les blanchisseurs, les chamars et les ahirs sont les groupes les plus enthousiastes. Les blanchisseurs dansent pour toute occasion d’importance. Ils chantent et dansent pour les mariages ou les naissances, pendant Holi et Dussehra. Les Rasa-s sont des danses qui ont pour thème les jeunes années de Krishna.
Les groupes d’agriculteurs possèdent d’intéressantes danses rythmées par un calendrier saisonnier, avec des fonctions rituelles.

 
Jawara (Madhya Pradesh):  

C’est une danse populaire dans la région du Bundelkhand qui reflète la grande joie et l’excitation au moment des moissons. Hommes et femmes dansent ensemble. Les femmes portent des costumes colorés et des bijoux, et portent sur la tête des pots remplis de ‘jawara’ (sorte de millet). Elles sont accompagnées par des percussions variées, des instruments à cordes et à vent.

 
Danses du Bihar  

Karma, Jatra et Paika sont quelques unes des plus importantes danses du Bihar. Le jour d’ekâdashi (11ème jour de la première quinzaine lunaire), une branhce de l’arbre karma est plantée et vénérée au cour d’une danse rituelle. Tous, jeunes et vieux, boivent une bière d’alcool de riz appelée Handia et dansent pendant trois jours.

 
   
   

ethnie des Gonds

danse de l'ethnie des Santals

danseurs gonds

 
       
Panthi (Madhya Pradesh)  

Cette danse de la communauté des Satnami est représentée lors de Maghi Purnima, l’anniversaire de la naissance de leur gourou Ghasidâs. La danse, encore en évolution, compte des pas variés. Les danseurs dansent autour du jaitkham dressé pour l’occasion au son des chansons célébrant leur maître spirituel. Les chansons parlent de renonciation, du gourou et des enseignements de saints poètes tels que Kabîr, Râmdâs ou Dadu. Les danseurs penchés balancent les et se laissent emporter par leur dévotion. Au fur et à mesure que le rythme accélère, ils exécutent des acrobaties et même des pyramides humaines.

 
Brita Dance (Bengale occidental):  
Le Bengale, patrie de nombreux intellectuels de renom, possède aussi une riche tradition d’arts folkloriques. La danse Brita y est l’une des danses les plus connues . Elle sert de remerciements et de prière d’invocation aux femmes stériles dont le vœu d’avoir un enfant est enfin accompli. On peut aussi la pratiquer après la rémission d’une maladie contagieuse.  
Danse Chhau (Bihar)  

C'est une danse virile et énergique par excellence. Le nom 'chhau' vient du sanskrit 'châyâ', signifiant 'ombre'. Le masque est un élément essentiel de cet art. On y trouve également de nombreux pas empruntés au 'pharikhanda', art martial qui constitua pendant longtemps l'entraînement des 'sipâhî-s' (fantassins). Tous les danseurs portent une épée et un bouclier.

Les scènes sont décorées d'un grand nombre de torches, lanternes et lampes à huile. Les mélodies utilisées appartiennent au système musical hindustani (Inde du Nord).

La danse est accompagnées d'instruments comme le dhol (percussion cylindrique), le nagara (énorme percussion), et le shehnâî (hautbois). Le chhau est pratiqué par les hommes et les jeunes garçons. Les morceaux présentés sont généralement courts (7 à 10 minutes) en raison de la difficulté de danser avec un masque sur le visage.

Les trois éléments bhâv (émotion), râg (canvas mélodique prédéfini) et tâl (la rythmique) sont communs avec la danse classique.

Le chhau est subdivisé en différents styles. Ainsi, on y trouve le sâgara nrtya (danse de l'Océan), le sarpa nrtya (danse du Serpent) ou encore le mayûra nrtya (danse du Paon). La danse peut aussi prendre pour thèmes des sujets plus mythologiques ou prosaïques.

On pratique principalement le chhau dans la région de Saraikella, dans le sud du Bihar, et à Mayurbhanj, dont les princes ont logtemps patronné cet art. Le 25 ème jour du mois de Chaitra a lieu un festival très important qui s'ouvre après une invocation à Shiva. Les pratiquants les plus chevronnés se recrutaient parmi les castes paysannes basses, comme celle des Purulia-s.

Bien qu'art exclusivement réservé aux hommes à l'origine, de plus en plus de femmes se mettent à le pratiquer depuis quelques années.

 
Pour visionner de la danse chhau : http://www.youtube.com/watch?v=HW4VVzcXH_o
Chhau Dance (homme)
 
Kali Nach (Bengale occidental)  

 

  Dhalkhai (Orissa) :

Cette autre danse est pratiquée pendant Gagan, festival en l'honneur de la déesse Kali. Le danseur porte un masque et, purifié par des mantra-s (formules ritueles), danse avec une épée. Il émet parfois des prophéties.

Goti Pua

Sous le règene de Ramachandra Deva, allié des souverains moghols au temps d'Akbar (deuxième moitié du XVIème siècle) et superintendant du temple de Jagannath à Puri, apparaît cette tradition mettant en scène de jeunes garçons travestis en femmes.

On pense que l'émergence de cette tradition est également due au fait que les vishouïtes désapprouvaient les danses dévotionnelles féminines (cf. danse odissi). Les garçons sélectionnés fréquentaient les 'akhara-s', sortes de gymnases, établis par Ramchandra Deva autour du temple de Puri, d'où leur surnom d''Akhara Pilla'.

Bien que les mots 'goti' et 'pua' signifient respectivement 'un' et 'garçon', les goti pua-s danses toujours par paires. Les garçons sont recrutés à l'âge de six ans, reçoivent un entraînement de deux ans et dansent jusqu'à l'âge de 14 ans, puis ils enseigent à leur tour la danse, ou se dirigent vers des troupes de théâtre. Ils sont rassemblés aujourd'hui en groupes de professionnels dirigés par un gourou.

Une représentation de goti pua se doit d'être accompagnée de trois musiciens jouant du pakhâvaj (percussion), des gini (cymbales), et de l'harmonium. Les garçons peuvent chanter eux-mêmes ou laisser cette fonction à un chanteur. Le récital, qui dure trois heures, commence par un Bhumi Pranam (salutation à la terre), comprend les morceaux Panchadevta Puja, Bhumi Pranam ou Battu, s'achève par un Bidahi Sangît (chanson d'adieu).

Pendant le festival de Chandan Jatra, les Goti Pua sont transportés en bateau avec les Mahari-s le long du Mahendra Sarovar, un bassin sacré à Puri, pour danser devant les divinités. Le Jhulan Jatra, célébré au mois d'août, est l'occasion pour les Goti Pua-s de prendre le pas sur les Mahari-s.

Les Goti Puas qui survivent aujourd'hui viennent des zones rurales de Dimirisena, Raghurajapur (près de Puri), et Darara (près de Bhubaneshwar). Autrefois, les Goti Pua-s étaient très sollicités lors des fêtes de Dol Purnima, Holi et Dassehra.

http://www.youtube.com/watch?v=eEFiAf_UlDk&feature=related

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